Fais Dix Vers – Semaine 37 – 39

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Je vous souhaite une excellente année ! Ce que je vais faire, plus ou moins, à plusieurs reprises dans les textes que je vais vous partager dans cette conséquente compilation. Trois semaines pour une compilation, et donc beaucoup de diversité dans les textes. Je n’ai volontairement pas mis les derniers textes de la série « Couvre-Feu » (lundi 4 et mardi 5 janvier), je posterai prochainement l’intégral avec une version audio.

Dans les textes qui suivent on fête Noël, on parle d’actualité, on fait de la poésie, on joue avec les mots… Bref, on fait dix vers !

Il est temps de (re)découvrir les textes de la semaine !

Lundi 21/12/2020 : Solstice n°181

Jour du solstice d’hiver, j’avais envie de faire un texte léger et poétique.

Demain, dès l’aube, le crépuscule prendra son accélération,
Sous les yeux d’une aurore à bout de souffle, à court de respiration,
Je ne sais si c’est un point de départ, une ligne d’arrivée,
Ou bien l’étape d’une course folle à jamais ravivée,
De deux enfants joueurs qui s’amusent à la déraison,
Eux qui rythment nos jours meilleurs pour nous offrir les saisons,
Pouvais-je fais autrement que d’écrire ce “Fais Dix Vers”,
Pour célébrer le retour parmi nous des douces fées de l’hiver,
De ces filles de la terre et du soleil, le fruit de leur liaison,
D’une étoile et d’une planète qui se révèlent leurs inclinaisons.

Mardi 22/12/2020 : Autoconfinement n°182

A force d’entendre parler d’auto-confinement pour les fêtes, je n’ai pu m’empêcher dans faire un thème. J’ai choisi de jouer autour de ce préfixe « auto ». Attention, ce texte pourrait contenir plusieurs jeux de mots !

L’heure est au repli sur soi, alors je m’auto confine,
Je me rends visite chez moi, et je m’y autoguide,
Machinalement devant le miroir, je m’auto mate,
J’signe mon reflet à la bombe noire, j’m’auto graff’,
Indépendant, j’trouve seul mon pseudo, je m’auto nomme,
Et j’me laisse mes propres mémos dans des auto com’s,
Je m’y moque d’mes interdits dans des auto risées,
Quand j’m’écrivais des lettres d’adieu, que j’ m’auto lisais,
Pour savoir pourquoi c’est la fin, je fais mon auto psy,
Dans ce texte autocentré, rempli d’inepties.

Mercredi, jeudi, vendredi 23-24-25/12/2020 : Trois impros de Noël n°183,184,185


Honnêtement, j’avais besoin de me dégager un peu de temps, j’ai donc choisi d’enregistrer trois impros le mercredi sur le thème de Noël. Ma plus grande crainte était de sortir trois textes trop proches les uns des autres. Je suis parvenu à proposer un peu de variété, bien que certaines rimes reviennent. C’est de l’impro, on peut se permettre d’être un peu plus tolérant !

C’est une impro de Noël, peut-être pas ce que vous aviez demandé,
Alors disons le tout de suite, vous avez le droit de m’enguirlander,
Je sais que ce genre de jeu de mot n’est pas vraiment recommandé,
Ok, pour la suite, laissez moi une chance de m’amender,
C’est juste que franchement, je ne sais pas où je vais avec ce texte,
Je trouve ça tellement dur de parler de Noël dans ce contexte,
Franchement, personne d’entre nous de sait à quoi il va ressembler,
J’espère simplement qu’il pourra au moins rassembler,
Alors je vous souhaite de passer de joyeuses fêtes,
Allez, c’est déjà une bonne chose de faite.

J’aimerais vous offrir cette impro comme un cadeau,
Mais en vrai c’est que je suis en retard pour faire mes affaires, son sac à dos,
Je pars pas bien loin, hein, je vais juste prendre l’air,
Mais c’est vrai que pour enregistrer, je suis un peu en galère,
Parce que je n’ai toujours pas écrit ma lettre au Père Noël,
Et que je crois que le vieux bonhomme, en vrai, s’appelle Joël,
Oui bien sûr que j’utilise ce prénom juste pour la rime,
Parce que c’est comme ça que parfois que le texte s’arrime,
Alors en cadeau, je vous offre ce tour de passe-passe,
Et je vous en donne même un deuxième en vous souhaitant “Merry Christmas”.

Mesdames et messieurs je fais partie des lutins mutins,
Parce que nous en avons marre de ne pas toucher notre part du butin,
Bah oui, le vieux monsieur nous exploite plus que des putains,
Alors si on doit prouver notre détermination, à chaque minute on en bute un,
Bah oui parce qu’on en a plein le dos de vous faire des cadeaux,
Et ça depuis qu’on est enfant ou bien ado,
Donc maintenant il va falloir partager,
Sinon je vous promets qu’on arrivera pas à s’arranger,
Pendant que vous manger et que vous fêtez la naissance de votre prophète,
Laissez nous, pour une fois, jouer les troubles fêtes. 

Lundi 28/12/2020 : Cadeau n°186

Un thème qu’on ne peut plus évident en cette période de Noël. J’avais envie de parler de ces cadeaux que l’on finit par aller revendre… Chose que je n’ai jamais faite, évidemment !
Surtout, j’ai construit ce texte autour d’un jeu d’allitération (en C et D) et d’assonances (variables en fonction des vers). J’espère que ça vous plaît !

Les vitrines défilent sous les yeux qui scintillent,
On tire d’épais caddies remplis de peccadilles,
De paquets neufs décôtés pour faire quelques écos,
De la déco, un jeu dé-co, un cd que d’échos,
La foule s’affaire masquée, mais collée dos/cul,
Y a ce doc déçu d’un docu de sudoku,
Tout est étiqueté, remis en vente illico,
Y a ce kiddo, Cody, qui revend son dico,
Dans son sac à dos, je vois tout ce qu’un ado case,
Skodas, kodaks, mikados, nouveaux cadeaux d’occas’

Mardi 29/12/2020 : Incertitude n°187

Le temps est à l’incertitude, c’est certain. 
J’ai souvent entendu dire que lorsqu’on a des doutes, il faut se référer à nos anciens, alors je suis allé puiser l’inspiration de ce texte quand quelques références antiques.
Cette notion de Carpe Diem, du poète Horace, d’abord, dont on n’oublie souvent qu’elle implique une notion de raison et de discipline. Horace et les frères Horace, ces Romains mythiques qui me permettent d’évoquer Rome, et la roche Tarpéienne, lieu d’exécution dans la cité. 
J’avais envie d’évoquer la menace du virus avec l’épée de Damoclès, et la virale noblesse (ne dit-on pas que le virus est couronné?).
Mais surtout, j’avais envie d’inviter à l’espoir, car on peut se construire et avancer malgré les incertitudes, quand Carpe Diem nous invite à cueillir la fleur du jour présent.
Bref, je ne peux que vous inviter à vous plonger dans ce texte que j’espère très fort de sens.

Nous vivons de cette servitude enracinée à l’incertitude,
Cependant même les serfs titubent lorsque la destinée s’élude,
Alors, mise en garde, l’âme figée sous les épées de Damoclès,
Regarde en face les femmes liges de cette virale noblesse,
Lorsque les sages paroles sont des divinations dépassées,
J’interroge le futur dans les divines actions du passé,
D’une prose antique, happé par les vers voraces de Carpe Diem,
Frappé comme les frères d’Horace devant la Roche Tarpéienne,
Laissez-moi être crédule, espérer naïvement les lendemains,
Je cueillerai la fleur du temps présent dans l’avenir de mes deux mains.

Mercredi 30/12/2020 : Brouillon #7 n°188

Voilà longtemps que je n’avais pas pris la liberté de faire un texte « brouillon ». Une thématique libre autour de laquelle je tente de métaphore sur l’écriture, une construction plutôt « punchline ». Et en cette période où l’on prend le temps de cuisiner, c’est bien la gastronomie qui m’a inspiré.
Peut-être ici vous préciser que « luter » signifier rendre hermétique une cocotte en la fermant avec une sorte de pâte à pain.
Si d’autres termes vous troublent, je vous laisse me poser la question en commentaire ! Bon appétit !

J’me suis servi un dernier verre, mais c’était un coup d’trop,
Ce texte est un gros morceau il est à couper au couteau,
Pour gagner en légèreté, j’me donne un coup de fouet,
J’ai pas envie d’vous servir la soupe, juste un bon brouet,
Parce que j’fais un art bâtard, il m’reste du pain sur la planche,
J’me roule dans la farine pour vous montrer patte blanche,
Je sais que j’suis bonne pâte, j’suis pas de taille à luter,
J’change pas mon fusil d’épaule, j’ai l’âme bien affutée,
Ce poème est aux poêles, il faut simplement le saisir,
Composer ce genre de salade, c’est juste du plaisir.

Jeudi 31/12/2020 : 2020 n°189

Contrairement à Noël, je n’ai pas pris de pause autour du nouvel an, pas d’impro, et une écriture au jour le jour. Et le dernier jour de 2020 m’a incité à dresser le bilan. Une construction avec des vers qui vont par paires tout en les associant à des rimes croisées. Bref, j’avais envie de terminer cette année en continuant à expérimenter.

Comme il est difficile de sortir gagnant d’une année où tout est vain,
Comme il est difficile de rêver lorsque nos vies semblent en sommeil,
Lorsque ceux à qui nous nous confions professent comme de mauvais devins,
Lorsque déjà nos si jeunes certitudes apparaissent soudain trop vieilles,
Mais je crois au rebond de l’humanité une fois plongée dans le ravin,
Mais je crois que les remises en question nous ont rapprochés du soleil,
N’oublions pas toutes ces années lors desquelles, déjà, le malheur survint,
N’oublions pas, l’humain s’adapte, se renouvelle, surmonte sans pareil,
A nous de décider ce que nous conserverons de cette année deux-mille-vingt,
A nous de décider de quoi seront faits les lendemains dont nous sommes la veille.

Vendredi 01/01/2021 : Bonne année n°190

Le premier texte de 2021, l’occasion de de vous souhaiter une bonne année… Et de m’amuser avec la construction du texte !
J’ai joué sur la construction phonétique de bonne année pour garder le b,o,a,é, et joueur sur les consonnes intercalées. En glissant en plus dans le vers un « indice » ou une facétie liée à la consonne qui sera utilisée. Je n’explique peut-être pas très bien, alors je vous laisse étudier ça !

On tire une croix sur cette année, on l’enferme dans un box, accès,
Verrouillé, elle nous a laissé bouche-bée comme un Bob abbé,
Que cette nouvelle nous donne des ailes, reprenons un bol, allez,
De ce grand air frais, courir jusqu’à la mer, nager au bord, arrêt,
On parlera cul aux sirènes autour de quelques bocks à quai,
Plus raisonnable, je veux juste un thé, mettre mes bottes, hâter,
Ce moment où j’leur dis que j’les aime, pour redonner du baume à mes,
Proches, mes amis, ma famille, tous ceux qui m’ont aidé, beau dadais,
C’est sur cette strophe que je vous laisse, jour férié, j’bosse assez,
De cette lettre du quatorzième, je vous souhaite une bonne année.

Mercredi 06/01/2021 : Silence n°193

Un mot proposé par les abonné·e·s sur instagram ! Un texte sur lequel je me suis fait plaisir et que je trouve assez riche… Presque criard !

Dès l’école, j’ai vu le harcèlement que les mots crient,
Il est normal d’être d’argile quand même tes potes rient,
Quand tu n’es que pupille, on t’apprend à détourner le regard,
A n’pas combattre les injustices si tu n’cherches pas la bagarre,
Et comme le silence est d’or, on a fini par nous l’acheter,
Il faut du plomb dans la cervelle pour entendre notre lâcheté,
Nous sommes des Citoyens sourds et muets au milieu de ces Cités,
Attendant qu’elle s’ébruite; notre muette complicité,
Il y a des paroles de fond, mais ce sont celles que l’on enterre,
Le brouhaha ambiant est le meilleur moyen de nous faire taire.

Jeudi 07/01/2021 : Capitole n°194

Un pur texte d’actualité, suite aux débordements qui ont eu lieu aux Etats-Unis. Des événements troublants sur lesquels j’ai eu envie de poser quelques mots…

Faut-il que finalement on le fasse taire, qu’on lui censure les mains ?
A l’heure où on apprend que, déjà, il a du sang sur les mains ?
Il joue la confusion, la frustration pour instaurer le joug du doute,
Quand la confiance est brisée, c’est que la démocratie fait fausse route,
Je sais que certains font de même en France, ailleurs, je n’suis pas dupe,
A nous répéter que l’avenir n’est qu’une question de voile ou de jupe,
Ils creusent les oppositions et nous obligent à choisir un camp,
Nous font croire que la question n’est pas s’il y aura un affrontement, mais quand,
Je ne répond pas à l’appel, je ne partage pas leurs invectives,
Je ne regrette pas des temps meilleurs, j’en entretiens la perspective.

Vendredi 08/01/2021 : Rave Party n°195

Sujet récurent dans l’actualité, la rave party qui a eu lieu près de Rennes. A sa manière, cet événement m’a fait penser à la fable de la Fontaine, la Cigale et la Fourmi. Ce texte en est donc une inspiration très libre. Et comme la Fontaine dans sa fable, je cherche plus à questionner qu’à moraliser.

Quand le virus a fait tomber l’hiver de ses funestes flocons,
Que les chiens sont au chenil et que les chenilles sont au cocon,
Il poind dans les prés une aquarelle à contrechamp,
Vestige très frais d’une d’ivresse aux doux penchants,
Les cigales sentent rances, évidence de danses en transe,
Les fourmis, d’une sentence : “Crasse audace de Garces en strass”.
Par ces quelques mots, je souhaiterais qu’elles se rabibochent,
Irresponsables cigales, peut-être, mais enfin, voyez,
Qu’elles ont rappelé que lorsque vient le temps de la débauche,
Les fourmis sont en droit d’espérer un peu plus que leur foyer.


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