La Bagarre

« Tu devrais arrêter de pleurer. »
Elle me dit ça simplement, sincèrement, comme un bon conseil. Dans la vitre, je peux voir mon reflet. Moi, par terre, le visage rougit par la colère, la honte, les coups reçus. Mon pantalon s’est déchiré au genou droit, quand je suis tombé par terre je crois. Je ne sais plus bien en fait. Dans les films que j’aime bien regarder, le héros est capable d’anticiper puis de retracer la bagarre. Il sait exactement quel geste, quelle prise il a faite à quel moment. Moi je n’en ai aucune idée. Je suis bien incapable de me rappeler de ce qu’il s’est passé ou des prises que j’ai pu faire. Enfin si, les prises je m’en souviens puisque je n’en ai faites aucune. Certains disent qu’il n’y a pas besoin de savoir se battre pour faire la bagarre, mais ce sont ceux qui font du judo ou du karaté, comme par hasard. Moi je ne sais pas me battre, je ne fais même pas de rugby, c’est vous dire, et je ne sais pas faire la bagarre non plus. Mon genou est écorché, il est rouge, mais pas rouge comme mon visage. Il est rouge de mon sang qui suinte légèrement à la surface de la peau. Jusqu’à il y a quelques minutes à peine, je ne savais pas que je ne savais pas faire la bagarre. Mon père dit souvent qu’on ne perd jamais mais qu’on apprend toujours. Je viens d’apprendre que je ne sais pas faire la bagarre et que je viens de me prendre une sacrée raclée. J’ai toujours cru que prendre une sacrée raclée c’était comme perdre, il ne fallait jamais que ça arrive. Soit je me trompe, soit je ne suis pas encore assez intelligent pour comprendre tout ce que mon père raconte, ce qui est possible puisqu’il est bien plus âgé que moi et qu’il a eu bien plus de temps que moi pour comprendre ce qu’il raconte. A l’école, je n’ai pas le temps de me demander si je perds ou si je suis en train d’apprendre. En classe j’apprends, ça c’est certain puisque le maître nous le répète sans cesse. Mais dans la cour, les choses ne sont pas aussi simples. Lorsqu’au foot mon équipe a moins de but que l’équipe adverse, j’ai tout de même bien l’impression que l’on perd puisque les autres le répètent en chœur, souvent en nous pointant du doigt, je dois vous avouer que je fais pareil lorsque c’est mon équipe qui a plus de but que l’autre. Peut-être qu’on perd en groupe mais qu’au fond on apprend collectivement. Il faudra que je lui demande, à mon père, si c’est possible que des effets collectifs se répercutent différemment sur les individus. C’est drôle comme on peut penser à des tas de choses intelligentes lorsqu’on est dans une position honteuse. Je crois que ça nous permet de garder la face. Pas envers les autres puisque je ne partage pas mes réflexions avec eux, mais envers moi-même. Sinon je serais probablement moi aussi en train de rire en rond autour de moi. Il n’y a qu’elle qui ne rigole pas. Je pleurs toujours, elle va croire que je ne veux pas de son conseil. Ce n’est pas vrai, parce que je le trouve bon son conseil, mais pour le moment je n’arrive tout simplement pas à arrêter de pleurer. Je ne pense pas que ce soit grave. Ce n’est pas comme si j’avais pu me casser les glandes lacrymales dans la bagarre et que j’étais obligé de pleurer sans cesse jusqu’à ce qu’on me les plâtre pour les réparer. Non, c’est simplement que là, j’ai encore envie de pleurer. Enfin non, besoin de pleurer. Ce n’est pas la même chose. Parfois on aimerait pleurer pour montrer qu’on est triste ou en colère et on n’y arrive pas. D’autres fois on a besoin de pleurer alors même qu’on n’est ni triste ni en colère, on est même super joyeux ! Vous voyez, comme je continue à réfléchir à des choses intelligentes ? Si je n’étais pas allongé par terre, contre le mur vitré de ma salle de classe entouré par une bonne partie de l’école qui me regarde, je crois que je ne serais pas capable de penser à tout ça.
Il est temps que je me relève je crois. Les autres écoliers et écolières commencent à retourner à leurs activités, je ne les intéresse déjà plus. Je viens de me rendre compte que j’ai perdu une chaussure dans la bagarre. La gauche. Je ne la vois pas autour de moi. Je crois qu’elle a remarqué que je cherche ma chaussure puisqu’elle la pointe du doigt. Elle est tranquillement posée sur le rebord de la fenêtre du deuxième étage. C’est le bureau du directeur. Je ne vois pas comment ma chaussure aurait pu profiter de la bagarre pour s’envoler si haut. Elle me dit qu’elle a vu des garçons de ma classe l’envoyer là-haut juste à la fin de ma bagarre. C’est leur manière à eux de participer. J’enlève ma chaussure droite, je me recule un peu et je l’envoie en visant bien ma chaussure gauche. Je me concentre et je plisse les yeux, ça me permet de mieux viser. Tout ce qui est autour est beaucoup plus flou, par contre ma cible devient parfaitement nette. Je fais le tour de mes lèvres avec ma langue. Je ne sais pas si ça aide pour viser, mais je fais souvent ça quand je suis concentré. Je me rends compte que j’ai la lèvre fendue, j’ai le goût un peu amer du sang dans ma bouche. Ca ne me déconcentre pas. Si jamais je dois monter dans le bureau du directeur pour lui demander de me rendre ma chaussure gauche, d’abord il ne comprendra pas puisqu’il ne saura pas qu’il a ma chaussure gauche sur le rebord de sa fenêtre, ensuite je me ferai sûrement gronder d’avoir voulu lui donner de force ma chaussure gauche en l’envoyant sur le rebord de sa fenêtre. Bien, je pourrais lui raconter la bagarre et tout ce qui s’en suit, mais le directeur n’a jamais vraiment le temps d’écouter mes histoires, il me l’a dit à plusieurs reprises. Pourtant je suis une preuve vivante de cette bagarre puisque j’en porte les séquelles, je vous l’ai dit déjà, mon pantalon déchiré et ma lèvre ouverte, et que malgré tout ça je suis encore en vie. Il ne m’écouterait pas, écrirait un mot pour mes parents puis me renverrait en classe, sans ma chaussure gauche. Je lance ma chaussure droite. Je touche la chaussure gauche qui bascule sur son côté gauche mais ne tombe pas. Heureusement ma chaussure droite retombe, ce qui me donne le droit à un deuxième lancer. J’effectue la même routine de concentration, elle a pas mal marché pour le premier lancer même si je n’ai pas encore récupéré ma chaussure. Cette fois encore je touche ma chaussure gauche qui est déséquilibrée et s’écrase juste à mes pieds avec la chaussure droite. Je les remets toutes les deux à mes pieds, un peu difficilement puisque j’ai assez mal au genou. La cloche de la sonnerie sonne. On se met en rang. Lorsque je passe devant le maître, il me fait remarquer que je pourrais faire attention à ma tenue et mon paraître. C’est vrai que je n’ai pas eu le temps de passer aux toilettes pour me rincer la figure. Je dois avoir du sang et de la terre plein le visage. Une fois assis, j’essaie de me regarder de nouveau dans le reflet de la vitre, j’ai une place juste à côté de la fenêtre. C’est amusant, juste avant je regardais mon reflet de l’autre côté. A quelques minutes près, j’aurais pu être en train de regarder mon reflet en même temps des deux côtés de la vitre. Bien sûr, je sais que c’est impossible, ça demanderait de savoir se dédoubler ou de se déplacer plus vite que la vitesse de la lumière, mais ça ne m’empêche pas de trouver ça amusant. Le maître me demande de me concentrer un peu au lieu de m’admirer dans la vitre. Ma voisine de pupitre me le répète :
« Tu devrais arrêter de pleurer. »


A la maison, mes parents ne m’ont rien demandé. Il faut dire que je n’ai pas fait comme les jours durant lesquels j’ai envie qu’ils me demandent des choses. Ces jours-là, je traîne dans leurs pattes, je fais en sorte de toujours être dans leur champ de vision, jusqu’à ce qu’ils posent la bonne question. Ensuite je m’éclipse, mais pas longtemps parce que du coup ça leur donne envie de me poser plein d’autres questions auxquelles je n’ai pas envie de répondre. Ils ne savent pas s’arrêter, et si jamais je leur fais remarquer, c’est encore plus énervant. Mais quand je m’éclipse directement, généralement ils me laissent tranquille. Ils me posent bien quelques questions pendant le dîner, mais ce sont de petites questions auxquelles je peux donner de petites réponses. Ils sont de toute façon trop occupés par leurs discussions d’adultes, beaucoup plus importantes et intelligentes que celles que je peux avoir. Un jour j’espère pouvoir avoir des discussions aussi intéressantes que les leurs. Je ne comprends pas tout ce qu’ils veulent dire, mais je sais que ce sont des discussions intéressantes puisqu’ils s’énervent très vite. Un peu comme à la télé, quand ils mettent plein de gens importants ensemble sur le plateau pour qu’ils discutent entre eux, ils s’énervent tous très vites et ensuite les journalistes disent que c’était une émission intéressante. Mes parents font pareil, assez souvent, avec plein de sujets différents. Alors j’en conclus que mes parents sont des gens intéressants. Moi je ne m’énerve jamais, mais c’est parce que je suis encore trop jeune pour être intéressant. Bien sûr, il y en a à l’école qui savent déjà faire les intéressants, mais c’est parce qu’ils sont plus matures. On ne grandit pas tous au même rythme. Ca ne m’inquiète pas vraiment, je sais qu’un jour je grandirai aussi et je pourrai participer aux discussions de maman et papa. Ce soir ils s’intéressent au sujet de qui prendra la garde. Je trouve ça étrange parce qu’on a une alarme et qu’elle sonne même quand c’est seulement le chien qui se lève pour aller manger la nuit. Ce qui veut dire qu’on a aussi un chien, en plus de l’alarme. Alors je ne comprends pas bien pourquoi il faut que l’un des deux prenne la garde. Dans les films quand ils prennent la garde, ils sont généralement en pleine forêt en territoire hostile. Ils n’ont pas d’alarme et pas de chien alors ça me parait plus utile. Peut-être qu’on va bientôt aller faire du camping en forêt. Mais dans ce cas, j’aimerais bien prendre la garde aussi, pour montrer que je participe. Je n’ose pas trop leur dire, ça a déjà l’air compliqué de se partager la garde à deux, alors à trois je préfère ne pas imaginer. Quand je vais me coucher ils remarquent que je me suis écorché le genou. Ils sont un peu trop fatigués pour me poser des questions alors ils préfèrent me piquer avec un coton plein de désinfectant. C’est leur manière de me dire que ça les intéresse mais qu’on en parlera plus tard. Ça m’arrange bien, je n’avais pas du tout envie qu’on en parle. Et s’ils s’inquiètent pour moi, ils risqueraient d’oublier de finir de planifier notre week-end de camping.


Comme on est le lendemain de ma première bagarre, que j’ai encore mal partout, on appelle ça avoir des séquelles physiques, et que j’ai un peu peur de me retrouver face à ma voisine de classe avec qui j’ai eu ma première bagarre, ça c’est ce qu’on appelle avoir des séquelles psychologiques, je ne suis pas vraiment très heureux de retourner à l’école. J’y vais quand même, essentiellement parce qu’on n’a pas le choix et que dans la vie, ça c’est maman qui me le dit souvent en parlant de papa, il faut savoir accepter certaines fatalités. Elle le dit moins depuis quelques semaines, je l’ai même entendu dire au téléphone qu’il fallait savoir reprendre sa liberté. Il faut dire qu’elle téléphonait avec son téléphone portable et que c’est vrai qu’on est bien plus libre avec un téléphone portable qu’avec un téléphone fixe puisqu’on peut téléphoner depuis n’importe où. Je trouve ça fou que les gens intéressants associent des concepts aussi forts que ceux de liberté ou de révolution à ce genre de petits appareils ou aux voitures, parce qu’ils le font aussi pour les voitures, mais je crois que je ne comprends pas parce que je manque encore un peu de maturité. J’ai vraiment hâte de grandir, et pour ça il faut aller à l’école. Vous comprenez, quand je vous parle de fatalité, c’est ça que ça veut dire. Ma voisine de classe m’attend à l’entrée de l’école. Sur les mains, elle encore des traces de mon sang. On voit bien qu’elle a voulu les effacer, mais quand on a du sang sur les mains, on ne peut pas l’ignorer d’un seul coup de savon. Elle me dit bonjour. Quand je croise son regard, j’ai de nouveau envie de pleurer. J’essaye de le cacher, mais elle le voit parce qu’elle est assez bonne observatrice. Elle remarque toujours quand j’ai remis le même t-shirt ou le même pantalon que la veille. Là, j’ai été obligé de me changer parce qu’ils étaient salis par la bagarre, mais sinon c’est vrai que ça ne me dérange pas de remettre mes vêtements deux jours de suite. Et puis elle a aussi remarqué que je ne jouais pas à la bagarre quand tous les autres y jouaient dans la cour. C’est pour ça qu’elle m’a forcé à y jouer hier.
« Tu pleures encore ? »
Elle me le demande sur le même ton que la veille. Je ne sais pas si c’est de l’étonnement, un reproche ou une vraie question. De toute façon j’ai décidé de ne pas lui parler parce que je suis fâché contre elle. Alors je lui passe devant en baissant la tête et en levant bien les pieds pour qu’elle ne puisse pas me faire un croche-patte. Parce que les enfants qui aiment bien jouer à la bagarre ils aiment bien aussi jouer au croche-patte. C’est un jeu un peu pareil, mais qui est moins salissant pour celui qui entame le jeu. Souvent la suite de ce jeu, c’est la bagarre, donc finalement c’est aussi salissant pour les deux. Mais là, comme elle sait que je n’aime pas jouer à la bagarre, elle pourrait le faire sans prendre le risque de se salir. Mais elle ne le fait pas, elle ne doit pas être d’humeur joueuse. J’aime mieux ça, je n’avais pas envie de me salir. Par contre elle me suit, et elle continue à me parler. Et je ne n’arrive pas vraiment à ne pas parler aux gens qui me parlent. C’est comme une boule tout au fond de moi qui s’agite dans mon ventre jusqu’à ce que je leur réponde. Et là, encore une fois, la boule s’agite. Je crois qu’elle l’a remarqué, sinon, elle aurait arrêté de me parler. Ce n’est pas intéressant de parler à quelqu’un qui ne répond pas. Enfin parfois ça l’est, quand on a simplement besoin de dire tout ce qu’on a sur le cœur et qu’on n’attend pas vraiment que la personne en face nous réponde. Je crois qu’à ce moment-là, on n’attend même pas qu’elle nous écoute, c’est juste que c’est moins ridicule de parler à voix haute à une autre personne qu’à un arbre ou un pigeon par exemple. Mais quand on ne fait que poser des questions comme elle, je crois que ce n’est pas intéressant.
« Tu me fais la tête ?
– Oui. »
Voilà je savais bien que j’allais lui répondre. Je me suis arrêté et je lui ai répondu. Elle se trouve face à moi maintenant, devant la classe, presque là où on a joué à la bagarre. Ca aurait été plus romanesque qu’on soit exactement au même endroit, mais il aurait fallu que je fasse quelques pas de plus avant de lui répondre et la boule au fond de mon ventre ne m’en a pas laissé le temps. Mais si vous voulez vous imaginer que c’est au même endroit vous pouvez, ça ne change pas grand-chose je pense. C’est juste que je n’aime pas mentir, alors je préfère ne pas inventer.
« C’est à cause de la bagarre d’hier ?
– Oui.
– C’est parce que je suis une fille ?
– Quoi ? Bah non… »
Elle est bizarre sa question. On ne fait pas la tête à quelqu’un parce que c’est une fille ou un garçon. On fait la tête aux gens à cause de leur comportement. Enfin je crois.
« Parce que souvent les garçons ils n’aiment pas se faire battre par une fille. Ca les vexe et après ils font la tête.
– Je ne suis pas vexé, je fais juste la tête.
– Pourquoi ?
– Parce que je n’aime pas jouer à la bagarre.
– C’est parce que tu as perdu. Quand tu perds, ce n’est pas toujours rigolo comme jeu, mais quand tu gagnes, c’est chouette !
– Moi je ne trouve pas.
– T’es bizarre toi. Regarde les autres, ils y jouent tous. »
C’est vrai qu’ils y jouent tous. Pas là exactement au moment où je vous parle, là ils ne sont qu’une dizaine à y jouer, mais si on imagine une journée complète, eh bien dans une journée complète ils y jouent tous. Mais ça ne change rien au fait que moi, je n’aime pas y jouer à la bagarre.
« Je ne dois pas être assez mature, je lui dis.
– Pas assez mature ?
– Oui. Pour comprendre ce que vous aimez tous dans la bagarre. Moi je n’y trouve aucun intérêt à ce jeu. Je dois être trop petit.
– C’est vrai que t’es petit ! Elle répond en rigolant. C’est pour ça que t’es pas très bon à la bagarre.
– Non. C’est juste que je ne veux pas y jouer. Et quand on ne veut pas jouer à un jeu, on ne peut pas y être bon, c’est tout !
– Dans ce cas, tu perdras à chaque fois qu’on y jouera.
– Tu n’as qu’à pas y jouer avec moi. Joues-y avec les autres.
– Si ce n’est pas moi qui y joue avec toi, ce sera un autre. Tout le monde joue à la bagarre avec tout le monde dans la cour. »
Elle me l’a déjà sorti cet argument. Je préfère ne pas le lui faire remarquer, ça pourrait lui donner envie de jouer à la bagarre pour me prouver qu’elle a raison. Mais c’est vrai que ce n’est pas facile d’être dans cette cour sans jouer à la bagarre. Jusqu’à présent je m’en étais bien sorti, mais ça ne faisait pas très longtemps que j’y étais, dans cette cour.
« Je ne jouerai pas. Et si les autres ou juste toi, vous voulez jouer avec moi, alors je perdrai. Et peut-être que quand je grandirai, je jouerai à la bagarre avec vous puisqu’il le faudra bien. Mais pour le moment, ça ne m’intéresse pas.
– Mais pourquoi ?
– Je trouve ça trop violent.
– Tu racontes vraiment n’importe quoi… Ce n’est qu’un jeu ! On ne nous laisserait pas faire sinon. »
Et elle se remet à jouer à la bagarre avec moi.


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Fiction Récit

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